Vache de blues une affaire de famille
Ne comptez pas sur le Big Bill & Pipo tribute band pour vous coller le blues. Layla en tête, le groupe n’a que du bonheur à offrir et des souvenirs à partager. Photo Philippe NEU
Dix éditions maintenant que, chaque été, le blues autant que le bonheur sont dans le pré. Tout le mérite en revient aux organisateurs du festival Vache de blues. Et dire que tout cela à commencer par des larmes. Oh yeah…
Une drôle de bande, ou un drôle de band, on ne saurait dire. Toujours est-il qu’ils sont là, depuis dix ans, à veiller sur elle. Sur « la Môme » comme ils la surnomment avec l’affection de parrains peu ordinaires. Layla Guyot sourit de cette bienveillance façon « Tontons flingueurs ». Depuis la disparition de son père, Patrick Guyot (dit Big Bill King), ses anciens compagnons de scène et de virée entourent ainsi la « gamine ». Dix ans donc que Bill a rejoint Hendrix tout là-haut. Autant d’années que le festival Vache de blues fait vibrer son souvenir dans l’air. « C’est notre façon de ne pas l’oublier, sourient les anciens Nullos, les ex- Blue Magoos, les fameux Yabongagarine et les Vecchi e brutti. C’est Bill qui avait dit, à l’heure de rentrer à l’hosto : "Le jour où je sors, on fait un grand bœuf dans mon jardin et on invitera tous les potes". »
La maladie a terrassé l’homme, elle n’a jamais eu raison de l’amitié. Et le premier Vache de blues s’est bien tenu, à Xivry-Circourt, en 2001. Avec juste un champ, deux charrettes et quatorze groupes ayant répondu à l’invitation posthume. « Ça a tellement bien marché que l’on s’est retrouvé avec un petit bénéf’, se souvient Pierrot Ennen. Du coup, on a remis le couvert l’année suivante. » Et celle d’après, puis l’autre, puis encore une fois, etc.
Petit rêve
En 2010, Vache de blues meugle toujours avec autant de foi. Pas seulement pour saluer Bill, pour honorer Pipo également (alias Philippe Magoni, autre guitariste de l’équipée que le destin a emporté avec sa Strato). Pour ces deux-là, un tribute band ouvrira la 10 e édition, avec – devinez – Layla à la guitare sur un Hoochie cookie man à décorner les bœufs.
Ce festival sera aussi là pour satisfaire un public d’amateurs et de novices d’airs mississipiens, conquis par les plateaux proposés autant que par l’ambiance bon enfant autour. Satisfaction !
Mais à Audun-le-Tiche, du 2 au 4 juillet, les enceintes promettent d’autres grands moments, avec une petite vingtaine de formations à l’affiche. « Avec, cerise sur le gâteau, The Fabulous Thunderbirds chez nous ! », s’enthousiasme Alain Lehmann. Un petit rêve qui courait depuis quelques éditions déjà, et que les mythiques Américains vont réaliser pour la clôture de cette édition anniversaire. « Le seul festival qu’ils font en France, la classe ! » Meuh oui… Sans parler de la venue de Joe Louis Walker. Roulements de tambours obligés pour celui qui vient tout juste de décrocher un Blues Award, s’il vous plaît.
Le reste de l’herbage sera tout aussi bon à brouter au fil des trois jours, pour les fans de Muddy Waters. Avec le génial gratteux Danny Bryant’s, l’harmo démoniaque de Rachelle Plas ou le rockabilly Mike Sanchez notamment. Bill et Pipo seront vraisemblablement sur un nuage, aux artistes de faire monter l’assistance vers le septième ciel !
Patrick JACQUEMOT.
Programme du festival : www.vachedeblues.com
Le Républicain Lorrain - Publié le 30/06/2010D